Notre Histoire تاريخنا

LES FRÈRES GOMEZ

En 1958, est apparue la première salle de cinéma à Nouakchott, Le Cinéma Sahara, dispositif de projection en plein air mis en place par les frères Gomez. Cette initiative n’a eu que peu de succès, car les mauritaniens n’ont pas réussi à s’approprier ce qu’ils ont vu et se sont très vite désintéressés

HEMMAM FALL, LÂGE DOR

Puis, au cours des années 60, HemmamFall, à la fois troubadour, poète et homme d’affaire, a fait petit à petit l’acquisition de salles de cinéma. Ce fut un succès si fulgurant qu’il permit même à son auteur de produire des films semi-documentaires Ainsi, au cours des années 70, Nouakchott comptait un total de quatorze salles pour une population de 300 000 à 400 000 habitants.

La programmation était constituée de films d’origine française, américaine, asiatique ainsi que arabe grâce à l’appui de l’état et à une collaboration avec des distributeurs, comme: le Consortium Interafricain de Distribution Cinématographique CIDC, et la COMACICO et ASECMA de France. Durant cet âge d’or du cinéma dans notre pays, le 7ème Art était accessible à tous car les salles pouvaient pratiquer des tarifs très bas: le prix de la place oscillait entre 50 et 200 UM

 

L’Etat également participait à la promotion du cinéma à travers la création d’un embryon d’infrastructure médiatique: l’ONC (Office National de Cinéma) devenu par la suite l’AMATECI (Agence Mauritanienne de Télévision et de Cinéma), et l’OMRC (Office Mauritanienne de Radio et de Cinéma). Cependant, à partir de 1987, cet engouement pour l’art des frères Lumière a subit un coup fatal.

 

NAISSANCE DE LA TVM

En effet, la naissance en septembre 1982 de la TVM (Télévision de Mauritanie) a provoqué la désertion des établissements de cinéma, ce qui a mené au déclin puis à la mort de la totalité du parc de salles de Nouakchott Aujourd’hui, chaque maison de la capitale mauritanienne possède un poste de télévision et les statistique de la TVM démontraient déjà en 1998 que 65% des mauritaniens regardaient la télévision au moins deux fois par jour. Cette constatation est un réel encouragement pour la défense de la culture cinématographique car elle affirme la soif de l’image qu’a la population mauritanienne. Cependant, par la TVM, le public ne peut qu’accéder à des feuilletons syriens et égyptiens, des reportages, des actualités sportives et des journaux télévisés. Et malgré le fait que depuis 1993, le paysage audiovisuel mauritanien ne cesse de s’élargir grâce à la télévision par satellite (on observe une forte présence de la télévision hertzienne des pays arabes principalement en provenance du Golf acheminée par ARABSAT et NILSAT) un média de proximité reflétant la réalité de notre pays fait cruellement défaut au public mauritanien. La population se trouve face à des images dans lesquelles elle ne peut pas se reconnaître, et ne trouve à la télévision que peu de valeurs reflétant les siennes.

Enfin, la société mauritanienne, étant née de populations nomades, aspire à sortir à l’air libre, et est attirée par les dispositifs de diffusion en extérieur. Il est donc nécessaire pour divertir le public mauritanien de proposer un lieu où règnent la liberté de se déplacer et de s’exprimer durant le spectacle

« Je pense qu’en Mauritanie et dans beaucoup de pays africains, la culture ne fait pas partie des priorités. Je cherche à attirer l’attention sur l fait qu’il ne peut y avoir développement économique et social sans développement culturel.

La culture englobe des valeurs. Et, chaque peuple à besoin de se refléter, d’avoir un miroir, de se reconnaître dans ce miroir. Les cinéastes et les artistes de manière générale ne doivent pas être en marge. Ils ont une sensibilité capable d’interpeller sur l’avenir.

Actuellement, en Mauritanie, ce qui se fait en matière de cinéma se limite presque exclusivement à l’action volontariste de la Maison des cinéastes. C’est une association qui se bat quotidiennement pour, au moins, faire exister des espaces de projections de films ».

Abderrahmane SISSAKO

 

 

«…Le souci de la maison des cinéastes est de rapprocher les jeunes mauritaniens des différentes communautés du pays au moyen de l’image. Montrer l’autre pour faire disparaître les méfiances réciproques.

… Le trait commun aux jeunes de la maison des cinéastes, c’est ce désir presque obsessionnel d’échanger avec l’autre, de le comprendre de composer avec lui. En cette période de menace terroriste, c’est ce «fondamentalisme de la diversité » qui constitue le meilleur rempart contre ceux qui pensent que tuer des innocents peut conduire au paradis ».

KhalilouDiagana

Journaliste